Seis-Siete (67) est né parce que le seis-siete n'est pas un phénomène gringo. Ça ne l'a jamais été. Dès le premier moment où TikTok l'a chopé, les pibes de Buenos Aires, les chamos de Caracas, les chavos de Mexico, les nenas de Bogotá : tous le faisaient déjà. L'énergie latina du seis-siete était aussi forte que celle du reste du monde. Il manquait juste la chanson. C'est cette chanson.
On n'a pas voulu faire une traduction du morceau anglais. Ça aurait été une insulte. On a voulu faire une chanson qui vive dans le reggaetón, le pop latino, le flow des Caraïbes. Un titre qui sonne comme s'il avait toujours été là. La production a du dembow au cœur, des mélodies de pop latino au-dessus, et beaucoup d'air pour que les gens chantent par-dessus.
Le deuxième couplet mentionne des villes (Mexico, Lima, La Havane, République Dominicaine) parce que le seis-siete n'appartient à aucun pays en particulier. Mais c'est aussi un clin d'œil à la vérité géographique : les premières grosses vagues latinas du seis-siete sont venues du TikTok argentin et du TikTok mexicain presque en même temps. Après ça s'est étendu partout. La chanson cite ce qu'on a vu.
Le pont, "Un chamaquito gritó six-seven y el mundo lo escuchó", c'est le salut à Maverick. En espagnol, "chamaquito" a une tendresse particulière. C'est la façon la plus douce de dire "ce gosse-là". On voulait que quand les hispanophones entendraient ce pont ils ressentent la même chose que ce qu'a ressenti le monde en voyant Mav : ce gamin a gagné la planète sans le demander.
Le breakdown nomme des villes (Miami, Houston, Santiago, San Juan, La Paz) et c'est notre façon d'envoyer un salut direct. La diaspora latina fait que le seis-siete vit dans des endroits que personne n'attendrait. Un pibe à Houston, une abuela à Miami, un groupe d'amis à La Paz. Tous en train de dire la même chose, tous les mains en l'air.
Si les États-Unis avaient leur hymne du seis-siete, l'Amérique latine avait besoin du sien. Seis-siete pour toujours. Que personne ne l'arrête.
Perfect State