Always 67 c'est la chanson pour les gens qui n'ont jamais eu besoin qu'on leur explique. Il y a deux types de personnes en ce moment : celles qui doivent demander "attends, ça veut dire quoi six-sept en fait ?" et celles qui balancent le signe juste parce qu'elles le sentent. Cette chanson est une lettre d'amour au deuxième groupe.
La ligne d'ouverture le dit tout. "They can talk, they can stare, they can scroll right past, if you know then you know and you never look back." Le 67 n'allait jamais avoir du sens pour tout le monde. Certaines personnes allaient toujours plisser les yeux. C'est bon. La chanson est volontairement écrite depuis l'intérieur de la bulle, qui regarde autour, sans rien à prouver à personne dehors.
Le pré-refrain, "Don't ask where it came from, don't ask where it leads, pop the sign up once, that's all you'll ever need", c'est en gros le manifeste. On ne va pas l'expliquer. Tout l'enjeu du geste c'est que tu n'as pas à le faire. Tout ce qui demande un paragraphe de contexte est déjà fini. Le 67 survit parce qu'il n'a pas besoin d'être défendu.
Le pont c'est le moment le plus honnête de la chanson. "Could've been nothing, could've been gone, but the world picked it up and decided to hold on." C'est la vérité dont personne ne parle avec les trucs viraux. La plupart meurent en une semaine. Le 67 non. Le monde a choisi de le garder. Pas de décision algorithmique, pas de stratégie d'agence, pas de mandat d'en haut. Les gens ont juste continué à le faire. C'est le vrai miracle.
On a appelé la chanson Always parce que ce mot fait beaucoup de boulot. C'est défiant : oui, toujours, même quand ce n'est plus cool. C'est romantique : comme un tatouage ou un vœu. C'est un peu une blague, parce que bien sûr rien n'est éternel, mais faire semblant que quelque chose l'est a sa propre joie. Toutes ces lectures sont correctes.
Si 67 (The Sign) était la chanson pour rejoindre, celle-là c'est la chanson pour les gens qui ne sont jamais partis. Toutes les saisons. Always 67.
Perfect State