67 (The Sign) c'est la chanson la plus pop qu'on ait jamais faite. On l'a fait exprès. Le nombre avait déjà conquis les cours d'école et les terrains de basket. Ce qu'on voulait c'était un titre qui conquière la radio : instantanément addictif, gros refrain, choré du signe intégrée au hook. La K-pop est entrée dans le 67 et a fait le signe. C'est la chanson.
Tout le but d'écrire celle-ci c'était de capturer le geste lui-même. D'autres chansons de l'album parlent de Maverick, ou de Skrilla, ou de TK, ou du système de notation. Celle-ci parle de la main. Paumes en haut, paumes en bas. La pièce de chorégraphie la plus simple possible. Tellement simple qu'un gamin de cinq ans la pige du premier coup, tellement simple qu'une grand-mère peut la faire en FaceTime. On voulait une chanson où le refrain te dise littéralement quoi faire avec tes mains.
Il y a une ligne dans le couplet, "Ma grand-mère a appris hier, l'a fait au magasin, la caissière a répondu", qui vient d'un vrai moment. La grand-mère de quelqu'un de l'équipe faisait le six-sept à son supermarché. La caissière a répondu. On devait le mettre sur cassette.
Le pré-refrain, "Something 'bout this number makes the world feel so real", c'est ce qui se rapproche le plus du sincère. La majorité est sautillante et bête exprès. Mais il y a un truc réel enterré sous la bêtise, qui est que le geste fait vraiment qu'un moment devient plus présent. T'es dans une pièce, un inconnu le fait, tu réponds, et pendant une seconde la pièce devient plus petite. Les gosses le pigent immédiatement. Les adultes mettent une mesure.
Le pont appartient à quiconque s'est déjà senti invisible à l'école. "Used to be the kid that nobody noticed, now I got the whole school throwing up the motions." Le 67 a donné à beaucoup de gosses silencieux un moyen d'être bruyants pour la première fois. On l'a vu partout. Des tables de cantine qui ne faisaient jamais de bruit qui faisaient soudain trembler toute la pièce. On voulait exactement cette sensation dans la chanson.
Si le 67 avait un hymne national ce serait celui-là. Pas parce que c'est le titre le plus profond, mais parce que c'est celui qui a les mouvements de mains. Les hymnes ont besoin de mouvements. Hit it left, hit it right. On se voit dans le couloir.
Perfect State