67 (Did It Find You?) c'est la chanson qu'on a écrite pour le moment avant que quelqu'un pige. Il y a un point de bascule avec chaque truc internet où tu continues à le voir et tu n'es pas sûr de ce que c'est, et d'un coup ça fait clic et tu es à l'intérieur de la blague. On voulait mettre un son sur ce seuil exact.
Le premier couplet est délibérément le moment d'avant. "Scrolling through the timeline, nothing new today." Cet état d'ennui léger qui est en gros la relation par défaut de tout le monde avec internet. On ne voulait pas que la chanson commence dans le chaos. On voulait commencer dans le gris.
Le pré-refrain pivote. "Just two numbers, shouldn't mean a thing, but it's louder than the noise and it's starting to ring." C'est le clic. La demi-seconde exacte où tu sens quelque chose passer. Personne ne peut te dire pourquoi, mais tu le sens. La chanson vit ou meurt sur ce virage qui marche.
Le refrain c'est la question, et la question compte. "Did it find you?" Parce que c'est ce qu'est vraiment le 67. Ce n'est pas un truc que tu vas chercher. Il te trouve. Soit tu étais du bon côté d'internet pendant les bonnes vingt secondes, soit pas encore. La chanson est pour les deux types de personnes. Bienvenue dans tous les cas.
Au couplet deux, la réponse arrive. "Woke up and the whole world had the same thing on their mind." C'est le jour d'après le clic. Une fois que tu l'as vu, tu ne peux pas le désvoir. C'est partout. Écrans différents, villes différentes, même signe. L'expansion arrive du jour au lendemain.
On a fait ce single calme exprès. L'album est bruyant. Les autres singles sont bruyants. Celui-là devait être le souffle. Le check-in. Le moment où la chanson demande directement à l'auditeur s'il est dedans. La plupart des chansons pop ne se donnent pas la peine de demander. On pensait que ça valait le coup de demander.
Si tu lis ça et que tu n'as totalement pigé le truc 67 que là : bienvenue. Il t'a trouvé. C'est tout l'enjeu.
Perfect State